De 318 participantes en 2025 à 622 en 2026 : La Ligérienne poursuit son développement dans la Loire. Organisée cette année à Saint-Étienne, cette journée consacrée au sport féminin permet aux collégiennes et lycéennes de découvrir de nombreuses disciplines. Parmi elles, le tennis de table occupe une place particulière dans une stratégie plus large visant à développer durablement le ping féminin .
Car l’enjeu ne consiste pas seulement à faire découvrir le ping pendant quelques minutes. L’objectif est aussi de donner envie aux jeunes filles de poursuivre leur pratique après l’UNSS, puis éventuellement de rejoindre un club.
La Ligérienne est une déclinaison départementale de « La Lycéenne », un événement consacré à la pratique sportive féminine. Après une première édition organisée à Andrézieux-Bouthéon en 2025 avec 318 participantes , la deuxième édition s’est déroulée à Saint-Étienne avec 622 jeunes filles .
Collégiennes et lycéennes ont pu découvrir 27 activités sportives au cours de l’après-midi, avant une Color Run organisée pour conclure la journée.
Cette progression spectaculaire de la fréquentation montre l’intérêt suscité par ce type d’événement. Mais la véritable question vient ensuite : comment transformer une découverte ponctuelle en pratique sportive durable ?
Le tennis de table faisait partie des disciplines proposées lors de La Ligérienne. Environ 600 jeunes filles ont ainsi pu découvrir le ping dans un contexte différent de celui qu’elles rencontrent habituellement à l’école ou dans les clubs.
Cette démarche prend tout son sens lorsque l’on observe la place encore réduite des féminines dans les structures pongistes. Le constat évoqué lors de l’événement est clair : les féminines représentent encore environ 10 % des pratiquants dans le département .
Faire découvrir la discipline à plusieurs centaines de jeunes filles en une seule journée constitue donc une formidable porte d’entrée. Mais cette action ne peut être réellement efficace que si elle est accompagnée d’autres initiatives tout au long de la saison.
Créer une continuité plutôt que multiplier les actions isolées
L’un des messages importants exprimés à l’occasion de cette journée concerne justement la nécessité de ne pas se limiter à quelques événements ponctuels.
Un tournoi féminin ou une journée de découverte ne suffisent pas, à eux seuls, à modifier durablement la place des filles dans le tennis de table . L’ambition est au contraire de multiplier les passerelles entre l’école, l’UNSS et les clubs .
La Ligérienne doit ainsi être considérée comme un point de départ , au même titre que l’opération « Ping c’est la classe », et non comme une finalité.
« Ping c’est la classe » : entre 1 500 et 2 000 enfants concernés
Cette stratégie commence dès l’école primaire avec l’opération « Ping c’est la classe ».
Cette saison, 15 groupes scolaires doivent bénéficier du dispositif avec 21 tables mises en rotation. Au total, entre 1 500 et 2 000 enfants devraient pratiquer dans ce cadre, avec une répartition naturellement beaucoup plus équilibrée entre filles et garçons qu’en club.
La pratique à l’école permet ainsi de toucher très tôt des jeunes filles qui n’auraient peut-être jamais poussé spontanément la porte d’une salle de ping.
L’objectif est ensuite de leur proposer des possibilités de poursuivre cette pratique.
Pourquoi cibler particulièrement les jeunes filles ?
Dans le sport scolaire, la différence entre garçons et filles est beaucoup moins importante que dans certaines fédérations. Les chiffres évoqués lors de La Ligérienne font état d’environ 58 % de garçons et 42 % de filles au niveau national à l’UNSS .
La période du collège et du lycée reste toutefois particulièrement sensible. Plusieurs enquêtes de santé publique sont évoquées dans le reportage pour rappeler que l’activité physique des filles diminue fortement à partir de 13 ou 14 ans.
Le tennis de table rencontre également ses propres difficultés. Dans les cours de récréation, par exemple, les tables disponibles sont encore souvent majoritairement occupées par des garçons. Les filles peuvent alors avoir davantage de difficultés à trouver leur place ou à acquérir suffisamment d’expérience pour se sentir à l’aise lorsqu’elles commencent ensuite la discipline.
Créer des temps de pratique spécifiquement pensés pour elles peut contribuer à lever ces freins.
Des regroupements féminins réguliers pour créer un véritable groupe
Parmi les actions mises en place figure la création de regroupements féminins réguliers le samedi matin .
L’idée est notamment de dépasser la logique de club. Lorsqu’une ou deux jeunes filles arrivent seules dans un entraînement où elles sont très minoritaires, il peut être plus difficile de les fidéliser.
En réunissant au contraire des joueuses issues de plusieurs clubs , mais également des jeunes filles encore non licenciées, l’objectif est de constituer un véritable groupe et de créer une émulation entre les participantes.
Ces regroupements concernent notamment les jeunes de moins de 18 ans. À terme, certaines pourront ensuite rejoindre un club et prendre une licence.
Donner confiance et permettre aux filles de choisir leur sport
Le développement du sport féminin ne passe pas seulement par davantage de créneaux ou d’événements. L’accompagnement et la manière d’encourager les pratiquantes ont également leur importance.
Une des intervenantes du reportage rappelle notamment les difficultés rencontrées par certaines sportives face aux préjugés, au regard porté sur leur corps ou encore à l’idée qu’il faudrait parfois choisir entre les études et le sport.
« Lâchez rien, vraiment, lâchez rien. Continuez à vous battre jusqu’au bout, faites ce que vous voulez. »
Un message auquel font écho les témoignages des jeunes participantes de La Ligérienne : pouvoir pratiquer librement, être soi-même, découvrir des activités sans jugement et rappeler que les sports ne sont pas réservés aux filles ou aux garçons .
Avec 622 participantes à La Ligérienne , entre 1 500 et 2 000 enfants concernés par « Ping c’est la classe » et la mise en place de regroupements féminins réguliers, la logique apparaît clairement : multiplier les occasions de pratiquer tout au long de l’année.
Le défi est désormais de transformer ces découvertes en pratique régulière.
Faire essayer le tennis de table à plusieurs centaines de jeunes filles constitue une première étape. Leur permettre ensuite de retrouver d’autres pratiquantes, de progresser ensemble puis de rejoindre progressivement les clubs est probablement l’une des clés pour faire évoluer durablement la proportion de féminines dans le ping.
